Histoire
Créée en 1999, à la fermeture de la Dolce Vita, l’association …e la nave va est alors principalement formée d’anciennes clientes et anciens clients désireux d’une part de présenter un projet pour la réouverture de la Dolce Vita d’autre part d’animer les nuits lausannoises dans l’attente d’une « nouvelle Dolce ».
En août 1999, …e la nave va, alors composée d’une trentaine de membres, rend un solide projet de gestion pour un nouveau club, le fruit de trois mois de travail intensif, brainstorming, étude de cas pratiques, etc. Les mots-clés de ce projet sont association, bénévolat et découverte, qui restent aujourd’hui à nos yeux les fondements indispensables d’un fonctionnement sain.
Le projet rendu comprenait également des plans architecturaux complets pour la réfection du bâtiment de César-Roux 30, un budget de fonctionnement détaillé, un organigramme de l’association ainsi qu’un cahier des charges pour les différents postes.
Les autorités municipales à qui nous rendons notre projet ont la gentillesse de s’en servir comme point de départ pour se faire une idée de ce qu’était un club. Notre dossier, nous a-t-on dit, a permis de faire prendre conscience à plus d’un qu’il existait un réel besoin pour un lieu d’expression culturelle tel que l’avait été la Dolce Vita. Partant, le Service de la Jeunesse et des Loisirs a décidé de s’entourer de « professionnels » afin de pouvoir mettre en place la base de ce qu’ils considérait devoir être un club. Après neuf mois du travail desdits professionnels, le Service susmentionné décide de lancer un concours de projet, afin de permettre à toutes les personnes intéressées de soumettre leur vision du fonctionnement d’un club, concours auquel …e la nave va a participé, pour la seconde fois en quelque sorte…
Au début de l’été 2000, les autorités municipales priment le projet de M. Gétaz et libèrent un bâtiment à la Rue St-Martin 18 pour accueillir le nouveau club. Le bâtiment de César-Roux 30 (ex-Dolce) est attribué aux activités culturelles de l’Espace Autogéré (ex-Prélaz).
La presse fait ensuite l’écho du projet de M. Gétaz, au sujet duquel nous n’avions rien à redire, si ce n’est qu’il ne répondait pas aux attentes du public que nous étions, celui-là même pour lequel il n’existait plus, depuis la fermeture de la Dolce Vita, une offre culturelle appropriée. Le projet de M. Gétaz était celui d’une salle polyvalente pouvant accueillir toutes les utopies du monde tout en garantissant une rentabilité financière, ce en quoi nous lui souhaitions plein succès. Cela dit, ce projet ne répondait pas au manque laissé par la disparition de la Dolce Vita, ne proposait pas l’offre culturelle, demandée par le public et encore inexistante dans le désert culturel lausannois de l’époque.
Afin de mettre en application les préceptes avancés dans notre projet, nous avons alors organisé diverses soirées « concerts » et « disco », celles-là permettant de financer celles-ci. C’est au cours de ces manifestations, qui ont rencontré un succès inattendu, que nous nous sommes adjoint quelques 250 membres, dont une cinquantaine prenait régulièrement part aux réunions importantes, en sus d’un noyau dur d’une trentaine de personnes en charge du fonctionnement « au jour le jour ». La structure que nous avions adoptée alors est celle que nous avions décrite dans notre projet et qui fait encore aujourd’hui ses preuves dans notre gestion du Romandie Rock Club.
Mais à l’époque, cette mise en application nous a permis de constater à de multiples reprises que nos théories n’étaient pas vaines, et qu’il suffit en effet souvent de dépasser les velléités de renfermement sur soi pour découvrir qu’il existe une foule d’âmes prêtes à consacrer temps et énergie sans contrepartie pour une cause qui les touche.
De même, la programmation d’artistes relativement inconnus nous a valu des échos extrêmement positifs de la part d’un public auquel les noms même des artistes étaient inconnus. Et bien que nous faisions face à des difficultés logistiques dus à notre caractère nomade (location de salles, demandes d’autorisations, patentes pour vente d’alcool, etc.), nous sommes parvenu à poursuivre nos activités par la force de la gratification ressentie, et la certitude de ne pas agir pour une poignée d’initiés.

Au début de l’été 2001, lassé d’attendre, le canal historique de l’association s’invite au Conseil Communal. Trois Elvis et une quarantaine de rockeuses et rockeurs cagoulés poussent la chansonnette en pleine séance des autorités communale. Ce coup de force permet de faire entendre les revendications de l’association. Le 25 août 2001, histoire de continuer à faire du bruit, un Lôzane’s Burning sauvage est organisé à la place de l’Europe.
La Municipalité nous propose alors (yes !) un espace sous les arches (Est) du Grand Pont. Un nouveau projet de fonctionnement – adapté à ce nouveau lieu est alors rédigé et déposé au printemps 2002.
La machine administrative se met alors en marche. En 2003, le Conseil communal accepte le préavis en juin, puis le budget à l’automne. Seulement, la mise à l’enquête est moins heureuse et le projet se voit bloqué par des oppositions.
L’attente se fait longue, c’est pourquoi au printemps 2004 …e la nave va obtient l’autorisation de s’installer – en attendant – dans le hall de l’ancien cinéma Le Romandie. Après un été de travaux, Le Romandie Rock Club ouvre ses portes en septembre. L’enthousiasme est cependant freiné par une opposition du restaurant voisin, qui empêche le club d’obtenir la patente nécessaire à une ouverture régulière. Le Romandie se voit donc imposer un régime minceur de 10 soirées par année jusqu’à l’été 2006.
Après bien des discussions, finalement par avocats interposés, un compromis est trouvé. Le Romandie respecte la tranquillité du restaurant (durant certaines heures) et celui-ci retire son opposition. Après un été passé à faire de nombreux travaux de mise aux normes, en septembre 2006 le Romandie ouvre – enfin – de façon régulière.
Et du côté des Arches les palabres administratives aboutissent également, des compromis sont également trouvés, le projet est adapté aux nouvelles donnes et les travaux préalables démarrent courant 2007. Et en janvier 2008, le chantier est inauguré, avec la pose de la première pierre.
Durant l’été 2008, le Romandie quitte la Riponne pour venir s’installer – définitivement ! – sous les arches du Grand Pont (pl. de l’Europe). Une fois encore, l’été se fait bricoleur, il reste en effet quantité de choses à préparer pour qu’il y ait quelques choses à voir, à entendre et bien entendu à boire dans le club. Ces travaux sont co-financés par le public, qui s’implique en nombre dans la démarche « Wall of Fame ». Ainsi c’est plus de de mille noms qui accueillent les rockeuses et rockeurs à l’entrée du Romandie (soit plus de 70’000.- récoltés, merci).
A la rentrée 2008, le Romandie ouvre ses portes à guichets fermés pour des soirées arrosées de champagne !
Depuis l’association assure la gestion du Romandie tout en maintenant sa ligne de conduite associative, basée sur une forte implication bénévole et visant les découvertes musicales.
Elle développe de plus son soutien à la scène locale. Le club favorise l’organisation de soirées et concerts en collaboration avec les actrices et acteurs de la région. Par ailleurs, suite à la disparition des Lôzane’s Burning (les soirées de soutien n’ayant plus besoin d’être !), l’association perpétue son soutien aux groupes au travers des Lausanne Sessions.

